Baudelaire est un punk
Et je suis le Dalaï-Lama
Je te sers un verre ?
Assieds-toi ?
…
J’ai une question :
Qu’attends-tu ?
Est-ce qu’il y a une personne qui te manque ?
Un instant ? Un endroit ?
Qu’est-ce qui te freine ? Qu’est-ce qui t’empêche ?
Rien?
Alors parfait. Allons-y.
D’abord tu sens un son, un sourd bruit sonore, une teneur, un tandem, une harmonie se tisse entre tes lobes pariétaux, devant et derrière le cortex, une cadence, un chant, un battement.
Ton cœur se lève, se réveille en sursaut, se soulève, chamade et caféine, dopamine en sachet ou en petites gélules, bonbons roses à poser sous la langue, décollage imminent, à moitié lent, décollement rétinien, soulèvement de la plèvre. Abattement de la fièvre. Décollage imminent. On chie dans son froc comme dans un bénitier, on pisse dans la mer comme dans un ventre rond. On rend son repas. Mollusque, crabe et pommes frites. Du classique, de la base je pars pour m’élever en spirale. Je tombe et rate mais rien n’est grave. Qu’attends-tu ? Qu’attends-tu encore espèce de sot.
On ne t’a pas appris à mentir, à te tordre, à tourner autour du pot ? On ne t’a pas appris à mordre, à souffrir et à n’en pas dire mot ? On te sort, on te jette, tant pis. Eh toi, eh toi, oui toi. Viens là, qu’as-tu appris sinon à te taire ?
Reviens, je suis là, je t’attends. J’attends parce que je n’espère plus, ce qui est faux. J’attends qu’on me foute les roustes, je n’ai plus peur, c’est vrai, je n’ai plus peur. Et je ne pleure pas, ce qui est faux. Enceinte ! Monte le son ! Sonophage chronophage s’autosabote et s’insurge en rage : autophagie. Un autre mot pour la poésie.
Alors : qu’est-ce que tu veux ?
Je te le demande, les yeux dans les yeux : qu’est-ce que tu veux ?
Atterrissage imminent, délicat, crash en vue. Bousculé. Crache. Crache ta vérité, crache tes poumons, crache ta sale vie. Crache tes glaires, crache tes morts, crache ta salive. Crache ton portrait, ton soleil, crache ta vie, crache.
Crashe-toi contre toi-même jusqu’à la commotion, sors tes plus beaux discours et tes plus beaux atours et va crever dans un coin. Tout le monde s’en fout et demain, tout le monde aura oublié.
Mémoire obsolète. Obsolescence programmée. Tout est noté, notifié, consigné, copié, codé, vendu, pendu comme un quart de bœuf sur la place du marché. Alors cours, cours et ne t’arrête pas. Comme ce rire dans ton crâne qui résonne, ce rire d’enfant qui résonne dans ton creux, cours et relève-toi encore. CAR. TU. NE. SAIS. FAIRE. QUE. ÇA.
…
Alors, dans cet espace qu’il te reste, qui est encore le tien, réponds à cette question :
qu’est-ce que tu veux ?
M.D.K.
0 commentaire