Deux poèmes courts sur la solitude

Forêt nocturne et spirale creusée dans la terre, une abeille et une fourmi solitaires.

Cette nuit

De comprendre que
Cette nuit n’est pas faite pour passer

Tu seras toujours seul / seule
Toi aussi

D’être, une larme, une abeille égarée
D’être, dans un four, dans une clairière,
au milieu d’une forêt allemande,
loin de la ruche,
loin de la rumeur.

De savoir que
Cette nuit n’est pas faite pour passer

Je sens
mes veines éclater
et mon cœur se rompre
ma tête battre
Et mon esprit s’enfuir

de comprendre que
je serai seul dans ce monde

comme chacun souvent
est seul avec lui-même

Je ne veux plus des lueurs à l’horizon
Je ne veux plus le clairon, la fanfare, le défilé militaire,
Je ne veux plus être fort,
Je ne veux plus porter,

Je veux pourtant sentir
que je suis seul avec moi-même,

Un trèfle à quatre feuilles,
Une abeille égarée,

Et cette nuit,
N’est pas faite pour passer.


Là

Là, il y a un vide,
Là, un néant

Là, ça tourne en rond,
En spirale,
En nombre d’or glacial,
Jusqu’au creux de la terre

Siphonnant
Et crachant
Des glaires jaunes
Et du vomi noir

Là, ça creuse
Là, soleil plombant

Là, estomac creux,
Estomac malade.

Je marche,
Comme une fourmi

Je marche sans colonie

Je marche

Là, ça sonne,

Ça sonne le crâne,

Et le crâne répond :

Ici, il n’y a personne.

Ici, il n’y a personne.

M.D.K.

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